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Monument de Lavayssière
 1) Parcours de Lavayssière
 
 2) Projet du monument
 
 3) Documents à télécharger

 Sergent LAVAYSSIERE

 

 

 
Il est né à Castelfranc le 23 novembre 1821, un petit bourg près de Cahors dans le département du Lot.

 

Au 8ème Bataillon de Chasseurs à pied de 1842 à 1848.

          Le Caporal Lavayssière s'est conduit  avec le plus grand courage lors des terribles combats du Marabout de Sidi-Brahim en 1845. Il s'était déjà fait remarquer en concevant un drapeau tricolore avec un morceau de la ceinture rouge du lieutenant de Chappedelaine, sa cravate bleue de chasseur, et un mouchoir blanc. Les Trois couleurs assemblées, on y joignit une hampe avec l'un des roseaux qui était là, on fixa l'ensemble sur le mat, et le carabinier Stapponi monta en haut du figuier attacher, sous une grêle de balles, le glorieux emblème. Le brave Lavayssière, qui faisait preuve d'une grande force de volonté et de caractère pour garder le moral de ses camarades, avait pris le commandement alors que tous les officiers et sous officiers avaient été tués.

 

          Autre acte de courage du Caporal Lavayssiere, l'heureuse diversion venant fortuitement les sauver : Trois coups de canons provenant du Fort, tirés à un court intervalle, jettent l'effroi parmi les agresseurs. Le premier projectile tomba au milieu d'un des groupes des plus acharnés. L'effet produit est immédiat, les indigènes s'enfuient tous précipitamment en emmenant avec eux dix hommes du 8ème bataillon, 3 hussards, Moureau, l'ordonnance de Montagnac et Lévy l'interprète.

 

          Les carabiniers, qui restaient debout, avaient la voie libre. Ils devaient gravir, pour arriver à la redoute, le côté du ravin opposé à celui qu'ils avaient descendu, et non suivre simplement le lit du ruisseau.

          Les premiers arrivés eurent  même quelques peines à se faire reconnaître ; les défenseurs du poste, qui avaient appris les événements des derniers jours, étaient en effet d'une défiance extrême, et s'imaginaient tout d'abord que les indigènes avaient pris un déguisement français pour pénétrer dans la redoute.

          Le docteur Artigues était sorti seul pour aller au devant des malheureux qui arrivaient. Il rencontra le hussard NATALI à 300 mètres des murs, environ, et revint avec lui.

Natali passa par la petite porte, la grande étant fermée, et trouva toute la garnison à son poste de combat.

         

          A la vue de ces hommes épuisés, pâles, méconnaissables, la garnison s'émut. De nombreux militaires et quelques civils sortirent pour porter secours aux derniers restes de la vaillante troupe. De la colonne de chasseurs d'Orléans et de hussards partis de Djemmaa-Ghazaouet le 21 septembre au soir, LAVAYSSIERE revenait le 26 au matin avec quinze hommes seulement, lui seul ramenait au fort sa carabine. Suite à ce combat, les seize rescapés du Marabout reçurent la Légion d'honneur.

 

          En récompense pour sa conduite, LAVAYSSIERE reçut également une carabine d'honneur. Dans la cassette en acajou contenant la carabine il y avait 1.000 francs en pièces de cinq francs dans dix petites cases.

« "... En échange de celle qui a été sauvé par vous. " ».

          Après l'avoir félicité le général CAVAIGNAC déclare devant le front des troupes : 

« Sergent LAVAYSSIERE, au nom du Roi et du Prince Royal, en récompense de votre belle conduite dans la retraite du Marabout de Sidi-Brahim, dont vous êtes le héros, je vous remets une carabine d’honneur en échange de celle qui a été sauvée par vous. Sergent Lavayssière, vous avez bien mérité de la Patrie ! ».

 

          La duchesse d'Orléans réclama le fanion tricolore devenu une loque et la carabine d’ordonnance rapportée par le héros. Elle fit placer le fanion et la carabine dans la chambre du duc d'Orléans aux Tuileries.

          A la révolution de février 1848, la chambre fut respectée. La carabine resta en possession de la famille d'Orléans mais le fanion de Sidi-Brahim disparut.

 

          Le sergent LAVAYSSIERE assistait à toutes les cérémonies en l'honneur des combattants de Sidi-Brahim.

           Le 31 décembre 1848 LAVAYSSIERE est libéré du service militaire. Il rentre en France, à Marseille, puis à Castelfranc. Le 23 mai 1849 il épouse Rose PAGES. De ce mariage il eut trois filles :
- La première MARIA, née à Castelfranc le 23 mars 1850, qui avait épousé FAIDEAU, forgeron à Poitiers, et mourut le 17 avril 1878. De ce mariage, elle eut un fils, mort en Cochinchine, et une fille CELINA, femme de M. DELFOUR, cultivateur à Castelfranc.
- La seconde fille, SARA, née à Capdenac (Aveyron) le 27 juillet 1852, épousa le 25 avril 1876 Auguste LAFON, ex-sergent, qui avait fait la campagne de 1870-71, et mourut le 30 novembre 1911. La veuve, Sara LAFON, habitait Castelfranc et était la fidèle gardienne de la carabine de son père. Elle eût un fils, Raymond LAFON, né à Castelfranc le 22 décembre 1885, qui fut sergent au 8
ème bataillon de chasseurs à pieds à Amiens.
- La troisième fille, CELINA, née à Capdenac le 24 mai 1855, qui avait épousé M. ATTENDU à Castelfranc, et mourut le 8 septembre 1879.

          Jean LAVAYSSIERE est signalé comme un opposant aux idées républicaines. Il est soupçonné d'être attaché aux traditions royalistes. Le Gouvernement Impérial vint en aide à ce héros en 1852, et lui offre une place d'éclusier à Arelles (Aveyron) à Douelle (Lot) en 1856.

          Notre héros a du mal à se réadapter à la vie civile, il est nerveux, violent, d'un caractère difficile. Au cours d'une discussion avec un de ses chefs qui lui faisait une observation, LAVAYSSIERE le saisit et le jeta dans le canal. LAVAYSSIERE est suspendu de ses fonctions en 1863.

          
Il n'a plus de ressources à l'exception de ses 250 francs de sa croix. Il retourne à Castelfranc, et pour élever ses trois filles il devient viticulteur. La vente de son vin lui procure 1.500 francs par an. Il est engagé comme suisse à l'église de Castelfranc.

          De 1876 à 1880 LAVAYSSIERE connaît la misère, le manque d'argent. Le phylloxéra a ravagé ses vignes. Il perd son père en 1879. En 1882 il perd son épouse.

          Jean est seul, désemparé, anéanti ; il est menacé de cécité. Le 13 juin 1883 au soir, sous la flamme tremblante de la bougie, il prend sa plume et écrit au chancelier de la Légion d'Honneur, le général FEVRIER. Il lui rappelle qu'il a planté le drapeau français sur le Marabout de Sidi-Brahim, qu'il vient de perdre un œil et il n'a plus que 250 francs pour vivre. Il demande son admission à l'hôpital des Quinze-Vingt à Paris afin d'être soigné. Cinq jours après, le général FEVRIER lui fait parvenir son admission gratuite aux Quinze-Vingt et 80 francs pour son voyage. Par les journaux qui signalent son arrivée, les commandants de plusieurs bataillons de chasseurs sont prévenus. Tous organisent plusieurs banquets en son honneur. En 1883, Il est régulièrement invité dans son ancien bataillon du 8ème chasseurs.

 

          C'est une grande fête, il est reçu à la citadelle d'Amiens, le bataillon entier lui présente les armes au son de la marche de Sidi-Brahim.

 

          Il réintègre les quinze-Vingt où il subit une opération qui lui assure la conservation d'un œil.

          La solidarité chasseur fonctionne. A sa sortie, les 30 bataillons de chasseurs ouvrirent une souscription en faveur du héros. Grâce au capital récolté, LAVAYSSIERE bénéficia d'une rente viagère.
         Notre héros était tiré de la misère.

 

          LAVAYSSIERE regagne Castelfranc où il vécut auprès de sa fille et de son gendre. Il passait pour un homme bon et généreux, tenace et têtu.

 

          Il mourut le 4 juillet 1892 à Castelfranc. Dans son délire il luttait contre les ennemis qui voulaient lui arracher des mains le drapeau qu'il avait planté sur le Marabout de Sidi-Brahim.

          Il fut enterré dans le petit cimetière de Castelfranc. En 1892, un percepteur du lot, ancien chasseur, essaya d'organiser un comité en vue d'élever un monument à LAVAYSSIERE. Un député éleva le ton, disant que LAVAYSSIERE ne méritait pas qu'on fasse quelque chose. Le comité fut dissous ; pendant 18 ans la tombe du héros LAVAYSSIERE fut abandonnée.

 

          Le 31 octobre 1909, au banquet parisien de la Sidi-Brahim organisé par l'Union des Sociétés de chasseurs à pied, le commandant CAFFIER signale que la tombe de LAVAYSSIERE est abandonnée.

 

          Aussitôt, un comité d'initiative est créé, il comprend le général BRUN, Ministre de la Guerre, M. Albert SARRAUT, député et sous-secrétaire d’État. 50 bataillons de chasseurs à pied souscrivent, 44 sociétés d'anciens chasseurs, 70 anciens commandants, 65 officiers de l'active et des réserves ainsi que les musiciens et la chorale du 7ème d'Infanterie à Cahors. Souscrivent également les amicales, les originaires du Lot à Paris, ceux de Bordeaux et les cadets du Quercy.

          Il est décidé d'élever un monument de 5 mètres de hauteur au héros de Sidi-Brahim ; le sergent LAVAYSSIERE.

C'est M. ROUGE, statuaire et architecte à Cahors qui réalisera le monument.

          Le 7 mai 1911, le monument est inauguré à Castelfranc. Le corps de LAVAYSSIERE est transféré et placé sous le monument ; au sommet figurant le buste de LAVAYSSIERE. Un bas-relief représente le vaillant soldat luttant contre les Ouled-Ziri.

 

          Anatole de MONZE termine son discours d’inauguration en disant :  «  Il ne manque qu'au bon soldat qu'une épitaphe véridique, je la voudrais ainsi conçue : «  Ici repose Jean LAVAYSSIERE qui n'eût pas les vertus d'un éclusier ni d'un Suisse, mais qui fut un héros ».

 

          La bataille de Sidi-Brahim est devenue la fête traditionnelle de toutes les unités de chasseurs.

          De nos jours, les chasseurs défilent au son de la Sidi-Brahim  « Chant des Chasseurs » créé par A. POROT

          Le monument du sergent LAVAYSSIERE se trouve à Castelfranc à la bifurcation de la route 911 et de la route D45 vers Cazals.

 

 

         Sa maison natale se trouve en face du monument. Une plaque sur la façade rappelle que c'est là où est né notre héros.

 

 

          Chaque année, les anciens chasseurs viennent en délégation à Castelfranc rendre hommage et fleurir le monument élevé au sergent LAVAYSSIERE.

 

Louis BULIT

 

Sources des articles :
- M. De BEAUREPAIRE-FROMENT : article sur Lavayssière.
« Le midi socialiste », 21 décembre 1910.
- Hommage à Lavayssière, Castelfranc, 7 mai 1911, Saumur, imprimerie Moderne Coubard, 1912

- Général  Ingold - Sidi Brahim.

- Général Paul Azan - Sidi Brahim 1945.

 

Numérisation et mise en page : Michel CHANTRIAUX & TG

Pour tous savoir sur le 8ème BCP : http://sidibrahim.canalblog.com/

 

 

 

 

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