à Pied, Alpins et Mécanisés

Mot du président

 Extrait du Cor de chasse n° 640

Intervention des Vœux FNAC 2018

Salle Robert Louis – 98 Rue de Fontenay – Vincennes.

Je voudrais faire une parenthèse dans le déroulé de la présentation pour re­mercier Madame le Maire de Vincennes, Charlotte Libert-Albanel, qui a eu la gentillesse de mettre cette salle municipale, gracieusement à notre disposition. D’autant que nous avons l’espoir que les travaux au monument aux Morts de Vincennes seront achevés, afin que nous puissions à nouveau célébrer un moment commémoratif à la mémoire de tous les « Chasseurs » et particulièrement ceux de Sidi- Brahim. Que la municipalité de Vincennes soit sincèrement remerciée et je crois que nous pouvons l’applaudir. Permettez-moi, avant tout, de saluer chacun d’entre vous, et particulièrement les personnalités qui me font l’honneur et l’amitié de leur présence.

  • Monsieur le Directeur de l’ONACVG du Val de Marne, représentant la secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Armées

  • Monsieur le Colonel, représentant le général gouverneur militaire de Metz,

  • Monsieur le Général, Médecin chef de l’HIA Bégin,

  • Monsieur le Directeur du SHD (ou son représentant),

  • Messieurs les Chefs de Corps, officiers et sous-officiers de nos chers Bataillons,

  • Messieurs les officiers responsables à l’État-Major,

  • Messieurs les généraux,

  • Monsieur le Colonel Wolf, vice-président de la Fédération de l’Infanterie allemande,

  • Mesdames et Messieurs les élus en vos grades et qualités,

  • Mesdames et Messieurs les Présidents d’Associations Patriotiques,

  • Messieurs les présidents régionaux et d’amicale, chers amis conseillers fédéraux et techniques,

  • Chers amis chasseurs,

  • Mesdames et messieurs,

  • Très chers amis,

Veuillez m’excuser si dans ma liste d’appel, non exhaustive, j’aurais omis celles et ceux ici présents. S’ils se reconnaissent, qu’ils veuillent bien accepter mes salutations les plus chaleureuses. C’est un grand plaisir de vous retrouver si nombreux pour partager ensemble ce moment symbolique qui marque le passage vers la nouvelle année.

Cette soirée est une tradition à laquelle nous sommes très attachés. Nous y sommes attachés parce qu’elle nourrit la convivialité, l’échange et le partage. Voilà déjà un an que j’ai eu l’honneur de vous accueillir pour vous présenter les vœux de la Fédération Nationale des Amicales de Chasseurs. Oui un an de passé.

Comme je ne dispose que de peu de temps, j’évoquerai simplement quelques points, à mon sens importants. Je pourrais commencer mon intervention par rappeler que mon message de l’année passée était crispé. Je rappellerais seulement que nous avions quelques différends entre nous, quelques mouvements de grogne, des prises de positions qui ne pouvaient que nuire à notre image d’unité, de bloc, à l’action et au rôle que nous avons à jouer, qui est celui d’assurer le lien Armée- Nation. Celui de défendre l’image de notre belle Armée, mais pas seulement, défendre également plus largement l’image de notre Gendarmerie et de notre Police quelques fois maltraitées, comme ce fut le cas par les affiches d’un syndicat dont nous connaissons par trop les orientations depuis la guerre d’Indochine et par les peintures « soi-disant » artistiques sur les murs de Grenoble.

Mais à l’occasion de ces nouveaux vœux je peux dire que tout cela était de l’année passée et sera bientôt de l’histoire ancienne.

Notre Fédération d’Amicales, voulue et fondée en 1921, a subi plusieurs fois quelques orages, mais ses membres, c’est-à-dire les Amicales qui la forment, ont toujours su raison garder.

Les travaux que nous avons engagés, entre autres le retour du dialogue avec certaines amicales, la régularisation des déclarations de leurs membres par d’autres amicales, le règlement des cotisations à la Fédération etc. Tout cela est acquis ou en voie de l’être dès ce début d’année.

 

Avec l’appui des membres de notre bureau fédéral, nous avons mis les bouchées doubles pour aboutir à nos résultats escomptés. Je dois féliciter l’ensemble du comité directeur pour son engagement sans faille, son soutien, son rôle primordial, et sa responsabilité devant les charges qu’il accomplit.

Aussi, avec tous les membres du conseil fédéral unanimement nous nous tournons vers l’avenir à savoir moderniser notre Fédération.

La moderniser au niveau de la sécurité, de tous nos adhérents, tant sur le plan physique que matériel, en instaurant une nouvelle assurance fédérale dès cette année, offrant de très bonnes garanties. Nous ne pouvons au niveau national accepter ce qui est arrivé l’automne dernier, lors d’une cérémonie au cours de laquelle un ancien a fait une chute, il se blesse au visage et aux membres supérieurs, et dans la chute, casse l’objectif de son appareil photo. L’amicale avait-elle une assurance ? Ou alors qui l’assurait ? On ne savait trop quoi répondre. Le bras et le visage de notre camarade ont été soignés, mais pour l’appareil photo il a fallu faire une quête. L’amicale ne s’étant pas assurée se tourne vers la F.N.A.C., qui n’a rien pu faire, sauf la charité. Ceci est quelque part un accident bénin, mais l’on peut aussi imaginer des accidents beaucoup plus graves. Il ne faut plus que cela arrive. Il faut que nos adhérents aient un niveau d’assurance digne de leurs engagements, ce sont des bénévoles ne l’oublions pas. J’invite les présidents à réfléchir sur cet accident, pour lequel le risque encouru par son président aurait pu prendre des conséquences irrévocables à son égard. Il en aurait fait les frais sur ses biens propres.

L’autre grand sujet déjà évoqué l’année passée est notre revue Le Cor de Chasse. Comme vous le savez déjà l’objectif souhaité est qu’à terme elle soit comprise dans la cotisation. Je le dis sans aucun complexe, c’est certainement une des plus belles revues, sinon la plus belle du monde anciens combattants. Cette qualité est également son défaut, car cela la rend chère, et son prix est rédhibitoire pour malheureusement trop d’adhérents. Nos Bataillons y tiennent de nombreuses pages, peut- être de trop par rapport à la place laissée aux Amicales. Les Amicales ont leur place, encore faudrait-il qu’elles se donnent la peine de faire des articles. Y est publiée l’histoire passée, les événements récents. En un mot notre revue est complète.

Nous allons prochainement faire une enquête auprès des adhérents. A l’issue de cette enquête nous prendrons les décisions permettant d’aboutir à ce que la publication de notre revue soit multipliée.

Mais dès à présent je lance un appel aux Présidents Régionaux, aux Présidents d’Amicales, aux Chefs de Bataillons pour que tous fassent un effort auprès des Adhérents pour les uns, et dans les Bataillons auprès des Chasseurs pour les autres, car il serait bon que nous enregistrions dès ce début d’année de nouveaux abonnés. Un dernier sujet qui me tient beaucoup à cœur est celui de la commémoration de Sidi-Brahim à Vincennes en septembre.

Avant d’élaborer ce sujet, je voudrais adresser tout particulièrement mes remerciements à Monseigneur le Comte de Paris, d’avoir bien voulu honorer de sa présence notre 172e anniversaire des combats de Sidi- Brahim. Globalement, cela se passe tout à fait correctement, mais il y a une chose qui m’attriste, c’est le nombre de Fanions tout simplement insuffisants et le nombre réduit d’amicalistes. Il nous faut développer la participation. Certains d’entre-nous ont sans doute des idées. Il faut que nous ayons un débat sur le sujet en conseil fédéral et que nous trouvions des solutions. Nous le devons à nos Bataillons.

Un dialogue nouveau et fructueux s’est instauré entre la Fédération et les Amicales. Un monde à la fois si proche et si éloigné entre administrés et administrateurs, si j’ose dire. Nous devons profiter de ce nouveau dialogue pour faire venir les amicales avec leur Fanion en septembre. Pour se voir, se revoir, dialoguer, fraterniser, se rappeler les bons et les mauvais souvenirs, nos histoires d’Anciens. Être un exemple de fraternité pour nos jeunes Chasseurs. Tout simplement comme le nom l’indique être des Amicales avec des Amicalistes. Nos amis Belges appellent cela des « Fraternelles » voilà le vrai mot et c’est vers cela que nous devons tendre, avoir des comportements FRATERNELS. Cette fraternité à laquelle je fais allusion, nous la devons aussi à nos Bataillons et plus largement à notre Armée. Ce qui s’est passé tout au long de l’année doit nous interpeller. La démission obligée, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, d’un Chef d’État- Major. Avant lui la démission d’un Général de Corps d’Armée de la Gendarmerie, mais néanmoins militaire, parce que tout simplement ils ont eu l’outrecuidance de s’exprimer, comme on le leur a demandé, à savoir: franchement, honnêtement devant une commission d’enquête parlementaire.

Cela veut dire quoi ? Qu’aujourd’hui nos Généraux, nos officiers et jeunes officiers en place ou sortant des écoles vont très prochainement être sous les directives d’autres jeunes énarques ou polytechniciens, qui n’ont jamais vu l’ombre d’un treillis. Qui peut croire qu’à terme les cadres de notre Armée et les jeunes officiers sortant de Saint-Cyr ou d’ailleurs vont se satisfaire d’une carrière qui fera d’eux d’éventuels futurs Généraux, soumis aux décisions de jeunes, sortant des grandes écoles, n’ayant jamais travaillé, ni supporté aucun commandement, sans expérience, ni du terrain, ni du commandement, et sévissant dans les ministères où ils occupent les places antérieurement dévolues à des officiers supérieurs ou à des Généraux.

Cet état de fait va à terme se faire que dans les États- Majors, dans les services, ce seront des civils qui décideront de l’opérationnel, du stratégique. Est-ce que techniquement cela peut se justifier ?

Et ne parlons même pas du côté humain. Comment garder dans ces conditions des jeunes, sortant des grandes écoles militaires, comment les garder sous l’uniforme ou la tenue. Quel sera l’encadrement de notre armée dans le futur ?

Ces questions, nous, Associations Patriotiques, devons nous les poser dans le sens large du terme. D’ailleurs le Président de l’Union Nationale des Combattants, le Général Saint-Macary (2S), a soulevé le problème, ainsi que le Général Soyard (2S) dans son « Plaidoyer pour nos soldats ». Ne devons-nous pas nous aussi nous poser la question sans déroger à la déontologie. Mais il faut le savoir, à terme il y va du bon fonctionnement de notre Armée. Notre devoir d’anciens n’est-il pas: la France, notre Patrie, de consolider le lien « Armée-Nation » de soutenir sans faille notre Armée, notre Gendarmerie et notre Police ? Je pense que les discussions vont être animées. Je ne saurais terminer mon propos sans remercier les membres de notre conseil fédéral pour leur fidélité et présences, et je tiens à le rappeler, à leur frais, qui se dévouent pour notre subdivision d’armes « Chasseurs », et qui, malgré leurs rhumatismes, sont toujours actifs, tant pour les manifestations patriotiques qu’à l’occasion de la Sidi-Brahim.

Une mention particulière pour le président du Service des Amis du Musée Chasseur, J.-C. Jacotot et ses associés, pour le travail remarquable qu’ils fournissent tout au long de l’année.

Merci aux responsables de notre revue : Olivier Latrémolière, Yvick Herniou, Gérard Monneveu, Christian Calet, Thierry Guyon, Gérard Hallé, Bruno Houille.

Merci aux gérants bénévoles de la boutique : Elodie et Thierry Guyon, se dévouant sur leur temps libre. Merci aux Porte-Fanions fédéraux: Michel Reichhardt et Gérard Gil.

Merci à Daniel Favard pour son travail rigoureux de Chancelier, avec l’instauration de nouvelles réformes apportées à la Chancellerie et son investissement pour avoir fait renaître l’Amicale du 8e Bataillon en Ile-de-France.

Merci aux membres de la commission des cérémonies, pour le travail très rigoureux qu’ils ont accompli. Ils se reconnaîtront. Un grand merci à toute l’équipe du bureau fédéral : Christian Calet, Michel Cheruy, Yvick Herniou, Olivier Latremolière, Gérard Messens, J.-C. Thibout, Didier Pourtoux, Michel Waroquaux, pour le soutien qu’elle m’apporte au quotidien, et ce, dans un état d’esprit très «
Chasseur ».

Quelques mots concernant l’état de santé de notre ami, conseiller fédéral, président de la région lyonnaise, Jacques Labeye. Afin de rebondir sur notre silence fédéral, permettez que je revienne un court instant sur l’accident dont il fut gravement victime. Responsable d’une association restaurant le patrimoine religieux de Crémieu, il a fait une chute d’échelle sur le parvis en pierre de l’église, en repeignant le portail. Atteint d’un traumatisme crânien, il a été transporté d’urgence à l’hôpital. Son état laissait présager le pire, il sera plongé dans un coma artificiel.

Nous restions à l’écoute de ses proches pour être informés de son état de santé. Nous étions dans l’incapacité de tenir informer nos adhérents, par les voies de nos éditoriaux, étant entendu que nous restions dans l’incertitude, tantôt quelques heures à vivre, puis attente, puis tentative de soins, puis constat d’amélioration. Le tout étalé sur plusieurs jours. Je tenais, nous tenions, au respect de la vie privée et de l’angoisse de ses proches.

Plutôt que de dériver vers de mauvaises nouvelles, et non établies, je préférais et surtout souhaitais, au nom de chacun, annoncer un bon rétablissement. Nous sommes restés à l’écoute de son évolution de santé, bien que n’étant pas en première ligne, et assurer Jacques, sa famille et tous les chasseurs qui l’entourent, de notre solidarité la plus totale.

 

Aujourd’hui, il va mieux, sans trop d’excès. Je lui souhaite de rejoindre notre équipe au sein du conseil fédéral, et ce, le plus vite possible. Son franc-parler, son caractère bien trempé, nous anime à chaque conseil. Qu’il en soit ainsi dans les semaines et mois à venir. Il pourra rejoindre nos anciens bien assez vite le moment venu. Aussi, je formule tous mes vœux de bon rétablissement à notre ami Jacques et l’assure de notre soutien indéfectible. A bientôt Jacques !

 

Encore merci aux Chefs de Corps de nos beaux Bataillons, ainsi que leurs Officiers, Sous-officiers, Caporaux-Chef, Caporaux et Chasseurs. Je remercie tous les présidents d’amicale et leurs adhérents, pour leur soutien indéfectible à l’égard de la Fédération. Je les encourage à poursuivre sur cette voie et leur exprime mon profond respect.

Je suis spécialement reconnaissant envers les personnes extraordinaires qui m’ont soutenu et qui sont la raison de ma présence ici devant vous. Un grand merci pour votre engagement et dévouement à la cause chasseur et surtout pour la confiance que vous m’accordez.

 

Un salut particulier à la Fanfare de Vincennes.

Enfin, ayant une pensée et de la reconnaissance pour nos Chasseurs qui ont passé Noël et nouvel an loin de chez eux. À tous ces soldats, gendarmes, policiers qui arpentent le macadam sur tout le territoire afin que nous puissions passer les fêtes bien au chaud et en famille.

C’est sur ces engagements que je vous présente mes meilleurs vœux, les plus sincères. Des vœux de santé, de bonheur et de prospérité. La réalisation de vos projets avec, à la clef, la réussite dans votre vie privée et professionnelle.

Bonne et heureuse année à vous tous.

Par le Duc d’Orléans, notre père à tous, et le clairon Roland de Sidi-Brahim :

« Vive les Chasseurs »

René WATRIN

Président Fédéral