à Pied, Alpins et Mécanisés

Historique

Au fil du temps, les Chasseurs ont su conserver et entretenir leurs traditions

II n’est pas de l’objet de cet opuscule de relater l’histoire des Chasseurs à Pied. II s’agira donc tout au plus de rappeler qu’ils ont combattu sous tous les cieux et tous les climats, dans toutes les campagnes où les gouvernements successifs de notre pays ont engagé ses armées.

Partout ils se sont couverts de gloire, suscitant l’admiration de leurs camarades de combat, le respect de leurs adversaires et la chaleureuse popularité qui les entoure.

Nous nous attacherons de plus à montrer comment, au long de leur histoire, ils ont rempli très souvent le rôle de précurseurs et de novateurs que leur créateur leur avait confié.

1838 - 1848

Le Duc d’Orléans

14 novembre 1838 : Création du « Bataillon provisoire de Chasseurs à Pied ». Le Maréchal Soult dit au Roi « Sire, ce n’est pas un bataillon, c’est trente comme celui-ci que je voudrais voir à votre Majesté ! ».

28 septembre 1840 : Décision de créer dix bataillons de Chasseurs à Pied. Le Duc d’Orléans déclare : « Les dix bataillons de Chasseurs présenteront le type de l’Infanterie équipée, armée et instruite en vue de la guerre la plus active ».

4 mai 1841 : Revue par le Roi des dix bataillons, place du Carrousel à Paris, devant le château des Tuileries. Remise du premier Drapeau au 2ème Bataillon de Chasseurs à Pied.

19 juillet 1842 : Les Chasseurs à Pied prennent le nom de « Chasseurs d’Orléans ».

1844 : En Algérie, le combat de l’Isly (6ème, 8ème , 9ème et 10ème). Le Maréchal Bugeaud rapporte : « Les quatre angles du carré de la colonne, tenus par les Chasseurs d’Orléans, ont été assaillis par 3 000 à 4 000 chevaux à la fois et rien n’a été ébranlé un seul instant ». Ce fut la première bataille inscrite au Drapeau

Chasseurs d'Orléans (1844)

1845 : Combat de Sidi-Brahim par le 8ème d’Orléans. Deuxième inscription portée au Drapeau.

1846 : Combat de l’Oued Guabra où le 8ème d’Orléans reconstitué par des volontaires des 1er, 2ème, 4ème et 7ème (« les Vengeurs »), venge ses morts de Sidi-Brahim.

1847 : Pacification du Dahra, de la Kabylie. Soumission d’Abdel-Kader. Les Chasseurs sont entrés dans l’Histoire.

1848 - 1870

Chasseurs (1870)

Les Chasseurs reprennent le nom de « Chasseurs à Pied » qui est, depuis, le seul à être inscrit sur leur Drapeau

La « grosse carabine » est remplacée par la carabine modèle 1846.

1853 : Le nombre des bataillons est porté à 20.

1854 : Le Bataillon des Chasseurs à Pied de la Garde, futur 24ème, est créé et doté d’un drapeau particulier.

Pendant cette période, on trouve les Chasseurs :

– En Algérie : Les 10 bataillons y ont combattu entre 1840 et 1850, Les 101ème, 12ème et 16ème en 1864.

– En Crimée : En 1854, les 1er, 3ème, 5ème, 14ème puis les 6ème, 10ème, 16ème et 17ème et enfin les 4ème, 7ème et le Bataillon de la Garde. Les cinq premiers bataillons s’illustrèrent notamment à Sébastopol, troisième bataille inscrite au Drapeau.

– En Baltique : En 1854, le 12ème participe à la prise de Bomarsund.

– En Italie : Première expédition de Rome (1849), Premier et 2ème bataillon. Campagne de 1859, le Bataillon de la Garde, 5ème, 6ème, 8ème, bientôt rejoints par les 10ème, 11ème, 15ème, 17ème, 18ème et 19ème. Le 10ème s’illustre à Solférino, quatrième inscription au Drapeau.

– En Chine : En 1860, où le 2ème entre à Pékin, en tête du Corps Expéditionnaire. Et en 1861, il rentre en Cochinchine

– En Syrie : En 1862, le 16ème.

– Au Maroc : En 1862, le 13ème.

– Au Mexique : De 1862 à 1867, les 1er, 7ème, 8ème, 20ème

1870 - 1914

Tenues

1870 – 1871

Les 22 bataillons existants, répartis entre 7 corps, sont de tous les combats. De plus, 34 bataillons de marche sont créés, fin 1870, à partir des compagnies de dépôt. Partout où ils sont engagés, sur la Loire, dans le Nord, ils font honneur à leur tenue bleue.

A la fin de la guerre, le nombre des bataillons de Chasseurs est fixé à trente. Le Bataillon de la Garde prend le numéro 24.

1880 – 1914

On trouve les Chasseurs à pied :

– En Tunisie : En 1881, les 7ème, 23ème, 27ème, 28ème, 29ème et 30ème.

– Au Tonkin et en Annam : De 1885 à 1888, le 11ème qui mérite au Drapeau sa cinquième inscription, « Extrême-Orient ».

– A Madagascar : En 1895, le 401ème formé de volontaires venant de tous les bataillons de chasseurs à pied et principalement des 11ème, 12ème, 14ème et 22ème, lui acquiert la sixième inscription, « Madagascar ».

En 1888, 12 des bataillons de Chasseurs sont constitués en « Bataillons Alpins de Chasseurs à pied ».

De 1912 à 1914 au Maroc, les 7ème et 14ème ont, par leur tenue, inspiré au Maréchal Lyautey la page sur l’Esprit Chasseur qu’il rédigera plus tard, et justifièrent la septième inscription au Drapeau.

En 1913, sont créés : le 31ème Bataillon, et 10 groupes de Chasseurs cyclistes rattachés aux Divisions de Cavalerie.

1914 - 1918

Chasseurs alpins en Alsace, 1915 Chasseurs à pied dans la Somme, 1918

Participent à la Grande Guerre :

– Les 31 Bataillons d’active.

– Leurs bataillons de réserve (n° 41 à 71).

– 7 Bataillons Alpins Territoriaux de Chasseurs.

– 9 Bataillons de Marche : 32ème, 102ème, 106ème, 107ème, 114ème, 115ème, 116ème, 120ème, et 121ème.

Au total, 78 bataillons et 10 groupes cyclistes.

Trois « Divisions bleues », uniquement composées de Bataillons de Chasseurs furent mises sur pied au cours de la guerre. Ce sont les 46ème, 47ème et 66ème.

Plusieurs bataillons furent engagés hors de France :

– Le 58ème, à l’Armée d’Orient à partir de 1915.

– Le 6ème à Corfou en 1916.

– En Italie :

46ème Division (octobre 1917 – mars 1918)

1er groupe : 7ème, 13ème, 47ème BCA.

2ème groupe : 22ème, 53ème, 62ème BCA.

3ème groupe : 15ème, 23ème, 63ème BCA.

47ème Division (novembre 1917 – avril 1918)

4ème groupe : 11ème, 12ème, 51ème BCA.

5ème groupe : 14ème, 52ème, 54ème BCA.

6ème groupe : 30ème, 70ème, 11ème BCA.

Au cours de la Grande Guerre, les Chasseurs gagnèrent à leurs Fanions 242 palmes, 5 fourragères rouges, 24 aux couleurs de la Médaille Militaire, 41 aux couleurs de la Croix de Guerre, ainsi que le surnom de « Diables Bleus » qui leur fut décerné par leurs adversaires.

Pour un effectif « sur les rangs » de 72 000 hommes en moyenne, 82000 d’entre eux tombèrent au Champ d’Honneur et méritèrent amplement la huitième inscription au Drapeau.

1919 - 1939

Les bataillons de réserve furent dissous à l’armistice. Les 31 bataillons d’active furent répartis entre le nord-est, les Alpes et l’Armée du Rhin.

En outre, entre 1920 et 1924, nous trouvons :

– Les 18ème et 20ème, au Grand-Duché de Luxembourg.

– Le 10ème à Dantzig.

– Le 22ème au Schleswig.

– Le 21ème à Memel.

– Les 6ème, 7ème, 10ème, 13ème, 15ème, 23ème, 24ème, 27ème et 29ème en Haute Silésie, où ces Bataillons accomplissent avec honneur une difficile mission où ils laissent trop des leurs, notamment le Commandant Montalègre, chef de corps du 27ème BCA assassiné.

Commandant MONTALEGRE

En 1925, les 15ème, 23ème, 24ème, 25ème et 27ème BCA participent, au Maroc, à la campagne du Rif, alors que le 7ème et le 13ème sont en Tunisie.

En 1929, de nombreux bataillons furent dissous ainsi que les derniers groupes cyclistes autonomes.

En 1937, les 5ème et 17ème sont recréés comme « Bataillons portés de Chasseurs à Pied » sur engins blindés, en vue de constituer ultérieurement l’Infanterie des futures Divisions Cuirassées.

A la veille de la guerre, il existe 23 bataillons actifs.

1939 - 1942

Ce sont 65 bataillons de Chasseurs qui prennent part à la campagne de 1939-1940 :

– Les 23 bataillons d’active auxquels s’ajoutent 8 bataillons de formation reprenant les numéros des bataillons dissous.

– 15 bataillons de réserve de série A (de 41 à 71).

– 18 bataillons de réserve de série B (de 81 et au-dessus).

– Le 199ème Bataillon de Chasseurs de Haute Montagne, mis sur pied par L’École de Haute Montagne.

En février 1940, les 4ème et 16ème BCP sont transformés en Bataillons portés de Chasseurs à Pied, ce qui porte à quatre le nombre d’unités de ce type.

En avril 1940, deux demi-brigades sont engagées en Norvège. Ce sont la 5ème (13ème, 53ème, 67ème BCA) et la 27ème (6ème, 12ème, 14ème BCA).

Pendant cette dure et éprouvante campagne de 1939-1940, les Corps de Chasseurs firent partout honneur à leur Drapeau, comme en témoignent les palmes qui sont accrochées à leurs Fanions, et les neuvième et dixième inscriptions au Drapeau : « Blarégnies », acquise par le 10ème BCP et « Norvège » par les 5ème et 27ème demi-brigades.

Après l’armistice de 1940, ne vont subsister que les 1er, 2ème, 8ème, 10ème, 16ème et 30ème BCP et les 6ème, 13ème, 20ème, 24ème, 25ème et 27ème BCA. En Angleterre, le « Bataillon de Chasseurs d’Angleterre » est constitué en 1940 avec des éléments du Corps Expéditionnaire de Norvège. II disparaît en 1941 à la création de la Première Division Française libre.

1942 - 1945

L’Armée de l’Armistice est dissoute au moment où les Allemands envahissent le sud de la France (novembre 1942).

Le 2ème BCP va, à ce moment, accomplir une mission éphémère pour la défense de Toulon. Elle se terminera rapidement avec le sabordage de la Flotte.

Au moment de cette dissolution et au cours des mois qui suivirent, nombreux furent les cadres et les chasseurs qui, s’ils ne passèrent pas par l’Espagne pour rejoindre l’Armée Française en Afrique du Nord, se retrouvèrent dans les maquis.

Certains de leurs combats illustrent l’histoire de cette période, notamment celui des Anciens du 27ème BCA au Plateau des Glières qui a glorieusement motivé la onzième inscription au Drapeau1 dont les chefs, le capitaine Anjot et Tom Morel, furent tués.

Dès 1944, plusieurs formations des maquis vont reprendre spontanément les « marques » des Chasseurs. Ces formations, dont les éléments viennent de tous les horizons de la Résistance, puisent dans la Tradition les forces de leur combat. On retrouve ainsi dans la lutte contre l’envahisseur près de vingt numéros de Bataillons qui poursuivent leur action contre les « poches » de l’Atlantique, ou dans les rangs de la Première Armée et de l’Armée des Alpes, ou même dans ceux de l’Armée américaine. C’est ainsi que l’on verra des Unités de Chasseurs entrer dans Metz aux premiers rangs du 20ème Corps d’armée US et plusieurs d’entre elles terminer la guerre en Allemagne, en Autriche et en Italie.

1 Tandis que les anciens du 6ème BCA constituaient le maquis du Vercors avec les futurs généraux Leray et Costa de Beauregard.

1945 à nos jours

Le 8 mai 1945, lorsque l’Allemagne vaincue cesse le combat, de nombreux bataillons de Chasseurs ont été réorganisés et ont repris officiellement leur place dans l’ordre de bataille de l’Armée Française.

Pendant la période qui suivra l’armistice on trouve :

– En France : Les 1er, 5ème (dirigé sur l’Algérie en 1945), 17ème et 31ème.

– En Allemagne : Les 2ème, 4ème, 8ème, 16ème, 19ème, 20ème, 24ème, 29ème et 30ème.

– En Autriche : Les 6ème, 7ème, 11ème, 13ème, 15ème et 27ème (à partir d’août 1945, époque à laquelle la 27ème Division Alpine, venant des Alpes, relève la 41ème Division Marocaine).

La période qui suit est marquée par de nombreuses dissolutions et créations d’unités ainsi que par des changements de stationnements. L’Armée Française se réorganise pour faire face aux exigences et aux missions du moment en Métropole, Allemagne et outre-mer.

L’Indochine et l’Algérie vont alors revoir les Chasseurs au combat.

Décembre 1946 : En Indochine, une compagnie de marche composée de volontaires des 6ème, 111ème, 13ème, et 27ème BCA est dirigée sur l’Extrême-Orient où elle est incorporée au 110ème RI dans le Centre Annam. En raison de l’esprit de Corps qu’elle manifeste, cette unité est autorisée à garder les marques « chasseur » : béret et appellation. Elle se signale dans de nombreux combats (notamment au poste de Dat Do Phong où la section issue du 13ème BCA « fait Sidi-Brahim »). Son chef, le capitaine Dessertaux tombe au Champ d’Honneur le 25 septembre 1947 à la tête de ses Chasseurs.

1947 : Au Maroc, le 10ème BCP devient «Bataillon Parachutiste de Chasseurs à Pied ». Dès 1950, il est engagé au Tonkin où sa belle conduite au feu mérite au Drapeau l’inscription « Indochine » et deux palmes à son Fanion avec la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre des TOE.

Août 1952 : Le 10ème est dissous pour donner naissance au 3ème Bataillon de Parachutistes Vietnamiens, un des noyaux de qualité de la nouvelle armée en formation.

Algérie : En 1954, pour faire face aux événements, le nombre de bataillons de Chasseurs est porté à 27, dont 19 seront effectivement engagés. Ce sont les 4ème, 5ème, 6ème, 7ème, 10ème, 12ème, 14ème, 15ème, 16ème, 17ème, 19ème, 20ème, 22ème, 25ème, 27ème, 28ème, 29ème, 30ème et 31ème.

C’est sous l’écusson du 7ème que le sous-lieutenant de réserve François d’Orléans, descendant direct du créateur des Chasseurs, tombera le 11 octobre 1960, en Kabylie, à la tête de sa section.

1962 : Au moment où se termine la campagne d’Algérie, de nombreux bataillons de Chasseurs sont dissous, alors que ceux qui sont maintenus vont stationner en France ou en Allemagne.

1976 : Après la dissolution du 22ème BCA à Nice, il ne subsiste plus que 12 Corps d’Active qui se répartissent en 3 spécialités :

– 5 bataillons alpins : 6ème, 7ème, 11ème, 13ème, 27ème dans les Alpes ;

– 6 groupes mécanisés : 2ème, 8ème, 16ème , 19ème , 24ème en Allemagne, 1er en France (Reims) ;

– 1 groupe du type « Régiment Motorisé de Division Blindée » : le 30ème en France (Lunéville).

Les Corps alpins ont seuls gardé le nom de « Bataillon ». Les Corps mécanisés et motorisés ont pris le nom de « Groupe ».

Enfin, dans les Réserves, ont été recréés 8 Corps :

4 bataillons alpins dans les Alpes et sur la Côte d’Azur :

– Le 15ème, dérivé du 11ème BCA

– Le 22ème, dérivé du 159ème RIA

– le 53ème, dérivé du 13ème BCA

– Le 67ème, dérivé du 27ème BCA.

3 bataillons de Chasseurs à Pied, en Alsace :

– Les 10ème, 29ème, 31ème.

– 1 groupe de Chasseurs à Pied, en Champagne :

– Le 41ème, dérivé du 1er GC.

La « Refondation » de l’Armée de Terre entraîne à partir de 1990 de très nombreuses dissolutions et le maintien de seulement 4 corps « Chasseurs » et 1 formation :

– le 7ème BCA situé à Varces.

– Le 13ème BCA situé à Barby proche de Chambéry.

– Le 27ème BCA situé à Cran Gevrier proche d’Annecy.

– Le 16ème BC situé à Bitche.

– L’EMHM situé à Chamonix.

Les Alpins

Alpins

En 1878 : A Briançon, le lieutenant-colonel Zédé prend l’initiative de reconnaissances et de séjours en montagne.

Dès 1879 : Le commandant Arvers entraîne le 12ème Bataillon de Chasseurs à Pied durant 4 mois de séjour alpin et le consacre comme première troupe de montagne. Les 7ème, 13ème, 14ème et 24ème BCP participent avec lui à des marches manoeuvres en montagne.

En 1884 : La traversée du col Lombard par une compagnie du 12ème est considérée comme une « première militaire » et ouvre vraiment la haute montagne aux activités militaires.

En 1885 : Le 12ème Bataillon de Chasseurs à Pied est nommé membre honoraire de la Section Lyonnaise du Club Alpin Français.

La loi du 14 décembre 1888 désigne « douze bataillons de Chasseurs plus spécialement chargés d’opérer dans les régions montagneuses ». Ce sont les 6ème, 7ème, 11ème, 12ème, 13ème, 14ème, 22ème, 23ème, 24ème, 27ème, 28ème et 30ème qui prennent la dénomination de « Bataillons Alpins de Chasseurs à Pied ».

Henri Duhamel écrit dans son ouvrage « Au pays des Alpins » paru en 1898 :

«… et les 12 bataillons ont formé comme une élite dans l’élite par le choix du Ministre. Ils n’oublient pas qu’ils sont Chasseurs à Pied avant d’être Alpins et regrettent seulement que les 18 autres ne soient pas de la fête».

En 1889-1890 : Le général Berge, Gouverneur de Lyon, décide l’occupation permanente des postes de la frontière. Le 11ème BACP fut le premier à hiverner aux baraquements des Chapieux, mais bientôt, les « hiverneurs » occupèrent également Seloges, la Redoute Ruinée, Sollières, la Turra, le Fréjus, la Chaux d’Acles, les Fourches (ces derniers à partir de 1897).

Si l’équipement est encore rudimentaire (« quelques sous-officiers et chasseurs sont munis de piolet »), les marches se multiplient. On peut citer : la « première hivernale » au Pic de Belledonne le 27 février 1891 par la 3ème compagnie du 12ème , et en 1895, comme l’une des premières « grandes collectives », la traversée du glacier du Mont de Lans par trois compagnies du 12ème. Le Bataillon fut d’ailleurs reçu collectivement comme membre du Club Alpin Français le 3 octobre 1895.

En 1897 : Le lieutenant Widman, du 28ème BACP à Barcelonnette, rédige le premier rapport sur l’utilisation militaire du ski.

On peut considérer que la fin de l’époque des « précurseurs » est marquée par la grande revue de cinq bataillons alpins de Chasseurs à Pied que le Président Félix Faure passa en revue, en présence du Drapeau le 5 août 1897, au Replat des Canons au pied des postes de la Turra et de Sollières.

Les Cyclistes

En 1899, furent mises sur pied, à titre d’essai, des unités provisoires de Chasseurs se déplaçant à bicyclette.

En 1903, à la suite de cette expérience, des compagnies cyclistes de Chasseurs furent créées. Elles constituaient la 6ème compagnie des 2ème, 4ème, 9ème, 18ème et 25ème BCP. Elles étaient dotées de la bicyclette pliante « Gérard » spécialement adaptée à un usage militaire.

Bicyclette pliante « Gérard »

En 1913, on créa 10 groupes cyclistes rattachés aux divisions de Cavalerie. Ils conservèrent leur tenue bleue et l’écusson des bataillons dont ils étaient issus : 1er, 2ème, 4ème, 13ème, 15ème, 18ème, 19ème, 25ème, 26ème et 29ème.

Quatre d’entre eux furent dissous au cours de la Grande Guerre. Cinq reçurent la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre. Le 2ème Groupe fut dissous en 1923 et les cinq derniers disparurent le 5 mai 1929.

Les inscriptions rappelant les combats où ces unités s’étaient particulièrement distinguées furent ajoutées aux étendards des bataillons de Dragons portés qui leur succédèrent dans l’organisation des Divisions de Cavalerie :

« Champagne 1918 » sur les étendards des 1er, 2ème, 3ème BDP rappelant les citations à l’ordre de l’Armée des 1er, 3ème et 5ème GC.

« Avre 1918 » à l’étendard du 4ème BDP (4ème GC).

« Vosges 1915 » à l’étendard du 5ème BDP (6ème GC).

Ces régiments de Dragons portés reçurent, à titre d’héritage, les citations de la Guerre 1914-1918 des Groupes de Chasseurs Cyclistes auxquels ils succédaient, ainsi que le droit de porter les fourragères qui y étaient attachées.

Les Portés et Mécanisés

Dès 1917, les 17ème et 56ème BCP furent mis à la disposition de « l’Artillerie Spéciale », en vue d’un entraînement particulier au combat de l’infanterie en accompagnement des chars. Le 17ème fut ainsi engagé au Moulin de Laffaux le 5 mai 1917. Mais cette expérience n’eut pas de suite.

Le caractère vraiment novateur des « Bataillons portés de Chasseurs à pied » date de 1937 avec la création des 5ème et du 17ème sur un type particulier.

En garnison dans les Vosges, ces deux Corps étaient entraînés et équipés pour constituer l’infanterie de Divisions Cuirassées dont l’élément de base était des chars. Ils étaient dotés de véhicules de transport de troupes chenillés et blindés de marque « Lorraine » et de voitures tout terrain « Latil » et «Lafly ». Ils possédaient, à l’échelon bataillon, une puissance de feu renforcée (54 fusils-mitrailleurs, 6 mortiers de 81, 12 canons antichars de 25 tractés derrière « Latil »).

En février 1940, les 4ème et 16ème BCP furent transformés sur le type « porté » portant ainsi à quatre les Bataillons de Chasseurs de cette spécialité qu’ils étaient, à cette époque, seuls à posséder dans l’infanterie. Ces quatre bataillons furent affectés :

– Le 5ème BCP à la 1ère Division Cuirassée.

– Le 17ème BCP à la 2ème Division Cuirassée.

– Le 16ème BCP à la 3ème Division Cuirassée.

– Le 4ème BCP à la 4ème Division Cuirassée.

Ces Corps novateurs furent engagés dès le mois de mai 1940 avec leurs Grandes Unités de chars, alors que le 4ème BCP n’avait pas encore touché ses véhicules blindés et que le 16ème ne les avait perçus qu’en partie.

Le 5ème se battit magnifiquement, sans espoir, entre Sambre et Meuse. Le 16ème fit partie des Unités qui bloquèrent les Allemands au sud de Sedan (mai 1940 Tannay), puis il mena jusqu’au bout des combats retardateurs face à la ruée des blindés de Gudérian. Le 4ème se distingua à Chambry puis à Abbeville. Le 17ème, après une action sur Montcornet, inscrivit à son actif une « première nocturne ». Les 24 et 25 mai, il réussit, en coopération avec un bataillon de chars appuyé par un régiment d’artillerie tractée tout terrain, une série d’attaques de nuit à objectif limité visant à reprendre à l’ennemi les passages de la Somme entre Pont-en-Brie et Béthencourt.

Le 16ème et le 17ème gagnèrent chacun à leur Fanion une citation à l’ordre de l’Armée. Le 4ème accrocha deux palmes au sien.

En 1946, plusieurs Corps de Chasseurs à pied furent transformés en « Portés » et dotés de véhicules « Brenn Carriers » britanniques et de « Half Tracks » US. Les premiers constitués furent les 8ème, 19ème, 20ème, 24ème et 30ème, suivis en 1951, du 1er et du 2ème, et en 1963, du 16ème. Progressivement, ils furent équipés de véhicules blindés du type AMX (chars et VTT) et baptisés « Groupe de Chasseurs portés », puis ultérieurement « Groupe de Chasseurs mécanisés », enfin « Groupe de Chasseurs », sans autre indication de leur appartenance à l’Arme de l’Infanterie.

AMX13 VTT

En 1980, il en existe 7 : Les 1er, 2ème, 8ème, 16ème, 19ème, 24ème et 30ème.

En 1973, le 1er Groupe de Chasseurs mécanisé a été chargé de l’expérimentation des véhicules nouveaux du type AMX 10 VTT.

AMX10 P

Aujourd’hui

La réduction des effectifs de l’Armée de Terre a durement touché les Corps de Chasseurs.

Sont en effet dissous :

En 1990 : Le 11ème BCA et le 30ème GC.

En 1991 : Le 24ème GC.

En 1992 : Le 1er et le 2ème GC.

En 1994 : Le 61ème BCA.

En octobre 1993, le 24ème BCA a été reconstitué en donnant son numéro et ses traditions au Centre d’Instruction et d’Entraînement de Combat en montagne de Barcelonnette (CIECM) mais reperdra son numéro le 1er juillet 1999.

En 1997 : Le 19ème GC est dissous suivi du 8ème GC le 31 mai 1999.

Aujourd’hui, l’infanterie française ne dispose plus que de 4 corps « Chasseurs » et une formation :

– Le 7ème BCA situé à Varces.

– Le 13ème BCA situé à Barby proche de Chambéry.

– Le 27ème BCA situé à Cran Gevrier proche d’Annecy.

– Le 16ème BC situé à Bitche.

– L’EMHM situé à Chamonix.

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